L’Incident du Temple. 

21 Août 2001

[Le matin, j’ai ressenti beaucoup d’insécurité. J’étais inquiet, car je ne voulais pas commettre d’erreurs, comme d’imaginer, par exemple, des choses et d’affirmer qu’elles sont des messages de l’au-delà. Ce serait quelque chose d’horrible. J’ai essayé de contacter mon guide, mais je n’ai pas réussi, ou plutôt, je n’ai réussi que partiellement. Parmi le chaos des pensées, je pouvais distinguer l’idée suivante :

Que je ne recevrais pas des messages de beaucoup d’esprits différents, mais plutôt que Judas allait s’occuper de la communication. Je n’étais pas James Padgett, il a reçu des messages d’esprits très divers, seulement pour obtenir cette « nuée de témoins ». Mais ce n’était plus nécessaire maintenant.

Une autre chose s’est passée, j’ai vu un court « film », très clair, celui d’une personne qui marchait le long d’un chemin forestier. En fait j’ai vu la scène à travers les yeux de la personne qui se promenait. C’était un chemin de terre, de terre rougeâtre, humide, comme après une pluie légère. L’image entière était d’une tonalité rougeâtre, peut-être aussi à cause de la couleur des feuilles, comme une impression d’automne. C’était tellement clair et précis que, lorsque j’ai ouvert mes yeux, l’image a continué ! Cela n’a pas duré longtemps, peut-être 15 ou 30 secondes.

Je n’ai pas pu commencer une conversation.

Enfin, dans l’après-midi j’ai pu établir un lien.]

Bonjour, mon frère. Ce matin, tu étais trop confus. Ce n’est pas bon pour notre communication. En outre, intentionnellement je n’établis pas, avec toi, un lien pour engager une conversation. Tu as cru que tu pourrais commencer cette conversation avec toi-même, en prétendant que j’étais là, pour expliquer de cette façon ces expériences que tu trouves étranges. Mais ce n’est pas ainsi, et ça ne fonctionne pas de cette façon. C’est réel. Calme-toi.

Le « film », comme tu l’appelles, était réel, très réel. C’était une scène de ma vie sur la terre dont je me suis souvenu , quelque chose de très simple, mais tu l’as bien perçue. De cette façon nous pouvons ajouter un peu plus d’information et de couleur à nos conversations, qu’en penses-tu ?

Tu pensais à tes frères, l’un d’eux est ici. Il veut te parler.

[J’ai vu mon frère Herbert, avec un visage triste et grave. Herbert parlant:]

Ah, oui, les lunettes. Je n’en ai plus besoin, mais je me montre de cette façon, parce que c’est comme cela que tu me connais. Notre conversation sera plus facile.

Non, je ne me sens pas très heureux. Je suis OK, mais je manque de tellement de choses. Ce n’est pas ce que j’appellerais le ciel ici. Tu sais que j’étais athée et tout ce qui va avec. Eh bien, cela est très difficile à digérer pour moi. Ils me disent que je suis déjà sur une bonne voie, mais je souffre encore tellement de manques …

Karl [mon autre frère] semble être mieux loti. Il n’est pas plus avancé que je ne le suis, mais il est plus facilement satisfait. Tu sais qu’il était toujours un peu superficiel. Il est facile pour lui de trouver des distractions et donc de passer ses journées. En ce qui me concerne, je suis plus exigeant.

Oui, quand tu me rejoindras ici, nous pourrons passer beaucoup de temps ensemble. Je pourrai t’apprendre beaucoup, et tu pourras également être mon enseignant. Nous formerons une bonne équipe, comme nous l’avons toujours été.

Eh bien, je pense que je dois te dire au revoir. Maintenant tu sais comment est la vie ici. Oui, je passe beaucoup de temps avec toi. Nous allons bientôt nous rencontrer. Au revoir.

[Propos de Judas]

Eh bien mon frère Tu veux en savoir plus sur le Nouveau Testament. Pourquoi ne pas commencer maintenant ? Choisissons,  dans un premier temps, un sujet facile : l’incident dans le Temple de Jérusalem. Tu sais déjà beaucoup de choses à ce sujet. Es-tu d’accord ?

Comme l’indique le Nouveau Testament, quelques jours avant sa mort, Jésus a visité le Temple. Ici tu dois écrire ce que tu sais sur les ventes d’animaux et le commerce en général dans le Temple, OK ?

[H : La soi-disant « Maison d’Anne » était le propriétaire d’une grande partie des stands de vente d’animaux, du commerce de changement de monnaie etc. Les ventes s’exerçaient fréquemment à des prix exorbitants, soutirant la dernière pièce de cuivre des adorateurs, en particulier des pauvres et naïfs paysans. La maison d’Anne avait transformé la religion en une grande entreprise. Ils manquaient de spiritualité, mais ils se nommaient « les chefs spirituels d’Israël ».

Le grand-prêtre sadducéen Yosef Kayafa, gendre d’Anne, qui avait été grand-prêtre auparavant, avait  transféré la vente d’animaux des marchés du Mont des Oliviers à la Cour des gentils, une innovation récente pour garantir le monopole du temple sur les animaux offerts pour le sacrifice, en dépit des objections pharisaïques. On peut même consulter à ce sujet l’histoire de la Mishna de R. Gamaliel, qui relate les actions drastiques entreprises envers les prix excessifs demandés pour les sacrifices d’animaux.

A l’intérieur des murs du Temple, il y avait une grande salle à colonnes ou portique, en face du côté du Nord, comme un cloître. La taille de la salle était impressionnante, et on l’appelait le portique Royal. Quatre rangées de piliers la divisaient en trois longs bas-côtés. Chaque pilier était haut de 27 pieds et si épais que trois hommes debout pouvaient à peine l’entourer avec leurs bras. Les sommets des piliers étaient sculptés avec des rangées de feuilles et le plafond avec des feuilles et des fleurs.

C’est dans ce splendide portique que les tables des changeurs de monnaie se tenaient et que les marchands avaient les étals et les cages dans lesquels se trouvaient les animaux et les oiseaux destinés au sacrifice.

Chaque Juif devait, chaque année, payer un impôt au Temple. Le montant avait été fixé à un demi-sicle d’argent, le montant précisé dans la Loi de Moises (Exode 30:11-16) pour l’expiation de chaque Israélite.  Au premier siècle un demi-sicle était l’équivalent de deux drachmes grecques ou deux deniers romains. Un ouvrier pouvait gagner cette somme en deux jours.

Les prêtres décrétèrent que le paiement devait être effectué avec des pièces d’argent pur. Une seule sorte de pièce était acceptée, les pièces d’argent de la ville de Tyr.

Bon nombre des changeurs d’argent pratiquaient des prix très élevés, profitant sans vergogne des pèlerins qui venaient de la campagne ou de pays étrangers. Les commerçants devaient s’acquitter d’une taxe pour obtenir l’autorisation d’avoir leurs étals dans ce domaine, et ils devaient payer les principaux sacrificateurs.

Plus tard la tradition juive mémorisa cet endroit sous le nom « les bazars des fils d’Anne. » Encore une fois, tu trouveras ici la référence aux abus de la «maison d’Anne».

On peut estimer que le montant perçu chaque année par le Temple était d’environ un demi-million de shekels. Le shekel Tyrien valait quatre deniers, donc le revenu annuel du Temple était équivalent au salaire perçu pour 2 millions de journées de travail, ou 5480 années-homme de travail, sur une base de 7 jours ouvrables par semaine.

Disons que le revenu annuel moyen de l’Amérique du Nord aujourd’hui est de  30 000 dollars. Tu peux alors estimer le revenu du Temple à environ 170 millions de dollars. Une bonne partie de cette somme revenait à Anne et ses amis. Le Temple n’était pas plus le centre spirituel, Il était devenu un énorme business !]

Très bien, c’était la situation. Jésus est entré avec nous et est resté silencieux pendant un moment, observant le chaos, le bruit, les animaux écumant, écoutant les gens crier, observant les clients marchandant avec les vendeurs, les gens humbles avec leur peur, un  tumulte énorme. Et puis il a pris la parole, hurlant pour dominer, avec sa voix, l’agitation. Et soudain, il y eut un silence. Les propos suivants, bien connus, furent alors prononcés : « Et il leur dit : Il est écrit: Ma maison sera appelée une maison de prière. Mais vous, vous en faites une caverne de voleurs. » Jésus ne mâcha pas ses mots, il exprima ouvertement ce qu’il pensait et ressentait. Et ce qui devait arriver arriva. Les gens se sont fâchés. Un grand tumulte s’est élevé. Tout le monde savait que Jésus avait raison, et ils se défoulèrent sur les vendeurs. Jésus n’a pas provoqué cet incident, mais ses propos ont certainement réveillé des sentiments, qui, jusque-là, étaient restés bloqués dans le cœur des gens.

La Maison d’Anne a observé très étroitement Jésus sur une longue période, et l’a provoqué, ils ne pouvaient trouver aucun prétexte pour le mettre dans la prison. Mais c’était trop ! Cela signifiait sa condamnation à mort définitive, peu importe la manière dont ils pourraient l’obtenir.

Pourquoi l’a-t-il fait ? Eh bien, dans la vie de chacun, il arrive un moment où il faut trouver des mots durs, où l’on doit s’exprimer sans ambiguïté, avec toute sa gravité, afin d’être fidèle à soi-même et fidèle à Dieu. Jésus connaissait le risque, mais il n’avait pas peur. C’était l’autorité Juive feignant de guider spirituellement le peuple Juif. Comment pourrait-il ignorer ce qui se passait sous ses yeux ? Non, il a agi correctement, mais il a dû subir les conséquences.

Non, ils ne l’ont pas mis,  en prison. Non, dans l’immédiat ils n’ont rien fait. Il n’y avait aucun prétexte selon lequel il aurait été possible de l’arrêter. Il n’avait que proféré la vérité. Il n’avait pas pris part à l’émeute. Nous avons pu quitter la zone du Temple sans problèmes.

Oui, cet incident a également contribué à ma décision de le trahir. En fait, je l’aimais beaucoup. Mais pour moi, il ne s’était pas comporté correctement. Jésus avait le pouvoir, je l’avais vu, un énorme pouvoir! Il pouvait mobiliser les gens, il avait tout le potentiel pour changer les choses, mais il ne l’a pas fait.

Ensuite, j’ai agi pour l’obliger à démontrer son pouvoir, à mettre fin aux sbires du prêtre suprême, pour montrer ouvertement son opposition à la hiérarchie du Temple et à lancer une rébellion. Oui, ce sont des idées politiques, révolutionnaires, mais politique et religion alors étaient une seule et même chose, il n’y avait pas de séparation entre les deux. Cette séparation est une idée moderne. J’ai échoué, je ne l’ai pas compris. Et tu connais le reste de l’histoire.

Barabbas ? Oui, il s’agit d’une histoire, qui a causé pas mal de confusion. A ce moment-là, il y avait vraiment un prisonnier du nom de Jésus et un avec le surnom de Barabbas, ce qui signifie «fils du père» en araméen. Il n’y a eu aucune offre de Pilate pour le libérer, parce que Barabbas était un voleur, ou plutôt un « leste », comme ils ont exprimé en grec. Les lestes étaient des révolutionnaires, des bandits, des voleurs, des combattants de la guérilla, en bref, une classe de gens que les Romains considéraient comme éléments subversifs. Barabbas était un de ces révolutionnaires, et Pilate ne pourrait jamais le relâcher. Il aurait risqué sa peau, et aurait été accusé de haute trahison contre Rome, tu comprends.

Lorsque les Évangiles ont été constitués, cette histoire de Barabbas comme prisonnier a été maintenue parce que les gens adorent les légendes de ces héros ou supposés héros, comme celle de Robin des bois en Angleterre ou de Schinderhannes en Allemagne. Et lorsque les tensions entre Juifs et Chrétiens se développèrent, les rédacteurs des évangiles ont utilisé la figure de Barabbas pour démontrer que les Juifs rejetaient le  Salut paisible de Jésus, et ils ont opté pour la violence, en sacrifiant le propres fils de Dieu. Dans certains manuscrits anciens, on peut lire le nom complet, Jésus Barabbas, mais ensuite le nom de Jésus a été effacé, car il n’était pas possible qu’un voleur porte le même nom que le Sauveur. Tu sais cela déjà. Il y a aussi le fait que Jésus était, à l’époque, un nom très commun. Tu as aussi lu que ce fait a donné lieu à la conclusion erronée que Jésus de Nazareth et Jésus Barabbas étaient la même personne, ce qui signifie que Jésus était un révolutionnaire. Par la suite, on le prenait tantôt pour un paisible prédicateur, tantôt pour le fils de Dieu.

Je pense que nous avons déjà parlé beaucoup sur le sujet. Tu connaissais beaucoup de choses sur ce sujet, mais certains  aspects t’étaient méconnus.

Le temps est venu de se dire au revoir. Nous nous rencontrerons bientôt à nouveau. Que Dieu te bénisse,

Ton frère en Christ,

Judas

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