64ème Sermon – Le Second Isaïe a écrit les chants du Serviteur Souffrant.

21 Juillet 1963

C’est moi, Jésus.

L’intérêt des chants du Serviteur Souffrant, que le Second Isaïe a écrit, dépasse l’identité du serviteur souffrant qui, vous verrez, a été transformée par le prophète pour répondre aux exigences de l’évolution des temps. Ce serviteur de Dieu devait être conçu pour mourir afin que son acte noble (en prenant sur lui les péchés de son peuple) ait un effet quelconque. En premier lieu, dans le rite Hébraïque de l’Expiation, une chèvre sacrificielle est devenue l’offrande, parce qu’elle portait l’iniquité de la Congrégation et elle était envoyée dans le désert pour y mourir. Dans le pays de Canaan, le concept du dieu mourant, et sa relation à l’agriculture, était bien connu des Hébreux qui ont pris possession du pays au moment de l’exode d’Égypte et acquis leurs connaissances des activités agricoles des Cananéens. Il s’agissait de la mort du dieu en automne et sa renaissance au printemps; la plantation et la récolte. Ce concept, que l’on trouve ici et dans d’autres pays Orientaux, eut un effet des plus importants sur le Christianisme tel qu’il est désormais entendu, et un écrivain grec au début de l’Évangile m’a fait dire :

« En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul; mais, s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. » (Jean 12 : 24 )

Je n’ai jamais dit cela, c’est certain, mais l’idée derrière était de faire sentir, aux premiers convertis du Christianisme, que j’étais un Dieu comme les divinités païennes, qui devait mourir pour être ressuscité. Ma mort et la résurrection n’avait rien à voir avec les saisons ou les processus agricoles, mais ce dernier était certainement l’accomplissement de la puissance de l’Amour Divin.

Parmi les exilés à Babylone, un concept similaire était en vogue, fabriqué pour son assimilation aux pratiques païennes. En fait, le livre d’Ézéchiel, chapitre 8, raconte qu’un esprit a conduit le Prophète, à travers une vision, à Jérusalem et au Temple où toutes sortes d’abominations étaient pratiquées. L’esprit de Dieu conduit ensuite Ézéchiel à l’entrée de la porte nord du Temple, où les femmes adoraient Tammuz, le dieu Babylonien. Voici ce qu’Ézéchiel a écrit :

« Et il me conduisit à l’entrée de la porte de la maison de l’Éternel, du côté du septentrion. Et voici, il y avait là des femmes assises, qui pleuraient Thammuz. » (Ézéchiel 8 : 14 )

Le dieu Babylonien, Tammuz, par conséquent, était bien connu à Jérusalem et même adoré par certains Hébreux dans le Temple lui-même, et son culte a été très bien compris, voire, dans certains cas, effectivement respecté, parmi les Juifs en Babylonie. Une série de chants par le Second Isaïe, combinant un prophète bouc émissaire de Jéhovah, qui s’est identifié avec le peuple, Israël lui-même, et un dieu propitiatoire mourant, Tammuz, étaient tout à fait acceptable en tant que message d’un prophète aux Hébreux en exil.

Maintenant Tammuz, comme les autres dieux de ce type, était conforme à la légende d’Osiris-Isis Égyptienne, différant par certains détails sans importance. Il était Sumérien et Assyrien ainsi que Babylonien et représentait le dépérissement et la renaissance de la végétation. Ce dieu, frère et amant de la déesse Ishtar, la déesse du ciel et de la terre, descend chaque année dans le monde souterrain et est ramené sur terre, par elle, pour une saison, au cours de laquelle les troupeaux et des plantes prospèrent. À l’époque de son décès annuel, la descente et le séjour dans l’enfer, qui naturellement prenait place dans la chaleur et la sécheresse du milieu de l’été et continuait jusqu’à ce que les pluies de printemps apportent un renouveau de la vie végétale, il y avait des lamentations religieuses pour Tammuz, menées par une prêtresse d’Ishtar et ses femmes  fidèles, comme Ézéchiel le mentionne dans son chapitre 8. Il y avait de nombreuses ramifications et incohérences quant à la relation d’Ishtar au Dieu, certains cultistes l’appelaient «sœur»,  d’autres «mère» et aussi «amante», dans la mesure où c’était sa fécondation de la terre qui apportait la croissance et la récolte et, comme Osiris, il fut tué et noyé dans l’eau. Lors de la célébration du nouvel an à Babylone, correspondant au mois de Septembre, le dieu Marduk, identifié avec Tammuz, était tué avec un faiseur-du mal, descendu dans l’autre monde, et était ramené par lshtar (ici considérée comme la mère) et procédait à la sortie d’un sépulcre pour apporter la vie dans le monde. Je suis parfaitement conscient que tout cela a une analogie assez étroite avec le Christianisme tel qu’il est enseigné et c’est l’une des importantes raisons pourquoi ce Christianisme s’est propagé si rapidement parmi les peuples païens qui connaissaient et acceptaient une sorte de théologie de forme différente mais si semblable à la leur.

Ce qui précède, d’une manière très brève, représente l’arrière-plan des célèbres Chants du Serviteur du deuxième Isaïe. Pour répéter, il mélange le rôle du prophète comme le serviteur souffrant de Dieu, prenant sur lui les péchés du peuple, avec le rôle d’un dieu païen, mourant et ressuscitant chaque année, pour apporter la vie renouvelée à la terre.

Dans le même temps, comme le Second Isaïe continuait d’écrire ses prophéties, sous l’effet du décret du Roi Cyrus autorisant les exilés à revenir à Jérusalem et l’exultation que le Seigneur avait finalement racheté son peuple, il a développé, en lui, la conviction que ce peuple Hébreu, exilé dans une terre étrange et maintenant sur le chemin de retour à la maison, était un peu comme le dieu Tammuz, qui revenait sur terre après son séjour dans l’enfer, et que le prophète, porte-parole de Dieu, représentait la part rachetée du peuple d’Israël.

Jésus de la Bible

et

Maître des Cieux Célestes.

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